Paris, le 13 juillet 2026 – La Coordination des Associations et des Particuliers pour la Liberté de Conscience (CAP LC), organisation dotée d’un statut consultatif spécial auprès de l’ECOSOC, a déposé une déclaration écrite auprès du Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies concernant les conséquences internationales de la stigmatisation visant les membres de Shincheonji Église de Jésus.
Selon CAP LC, des informations diffusées depuis la Corée du Sud influencent désormais, dans plusieurs pays, certaines décisions administratives concernant cette communauté chrétienne. L’organisation appelle les autorités publiques à fonder leurs décisions sur des faits établis et des preuves vérifiables, dans le respect de l’État de droit.
Au-delà du cas de Shincheonji, CAP LC pose une question de portée universelle : une minorité religieuse peut-elle être jugée sur la base de perceptions contestées plutôt que sur des éléments objectifs ?
Des répercussions au-delà de la Corée du Sud
CAP LC cite plusieurs situations observées en Europe. Au Royaume-Uni, l’organisation évoque le refus d’enregistrer Shincheonji comme organisation caritative, accompagné de l’usage du terme « secte », susceptible d’entretenir une image négative. En Allemagne et dans d’autres pays germanophones, CAP LC rapporte des discriminations touchant certains membres dans leur vie professionnelle et sociale, dans un contexte de couverture médiatique défavorable et de publication d’un ouvrage critique en 2025.
Pour l’organisation, ces situations illustrent les conséquences concrètes d’appréciations fondées sur des informations à la valeur probante contestée : exclusion sociale, atteintes à la réputation et restrictions de la liberté de religion.
La procédure judiciaire en Corée du Sud
La déclaration revient sur la procédure visant le président de Shincheonji, Lee Man-hee, 95 ans, actuellement détenu dans le cadre d’une enquête sur des violations présumées de la législation relative aux partis politiques. Un mandat d’arrêt a été délivré le 24 juin, suivi d’une mise en examen le 29 juin.
Sans se prononcer sur le fond, CAP LC rappelle que toute personne poursuivie bénéficie de la présomption d’innocence et que toute privation de liberté doit respecter les principes de nécessité et de proportionnalité. L’organisation s’interroge sur la nécessité du maintien en détention d’une personne de cet âge, alors que de nombreux éléments matériels ont déjà été collectés.
Une question qui concerne toutes les minorités religieuses
Pour CAP LC, cette affaire dépasse le cadre d’une seule communauté. L’organisation invite les États, juridictions et institutions internationales à s’interroger sur les critères appliqués à l’évaluation des minorités religieuses, et à garantir que toute décision repose sur des preuves vérifiables. Elle rappelle que la liberté de religion, l’égalité devant la loi et le droit à un procès équitable constituent des fondements essentiels des sociétés démocratiques.

